Les lames en damas

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Le Damas est un savoir faire aussi vieux que les premiers forgerons de l'Age du Fer !... Utilisée par les gaulois, diffusée par les peuplades germaniques, cette technique date de plus de 3000 ans.

La masse métallique issue du bas fourneaux était battue et rebattue à coups de marteau, afin de chasser les scories, les particules de charbon et toutes les impuretés. Ensuite, on passait à la phase de soudure : le métal chauffé à blanc était martelé, étiré, puis plié et soudé sur lui même. Cette opération était répétée jusqu'à ce que la consistance du métal soit jugée suffisamment homogène.

Un autre technique consistait à enrouler le métal en torsade et à l'étirer ensuite.

 

Lopin de damas, forgé "au carré" en fin de travail de soudure

 

Torsade d'un lopin de damas

 

 

Il y a vingt siècles, les Hommes de Guerre se fichaient sans doute pas mal des moirures ou du dessin des lames de leurs épées. Mais il savaient qu'une lame finement travaillée était réputée pour sa solidité : plus le fibrage serait fin, plus grande serait la qualité de son tranchant.

 

Aussi, pour "révéler" leur travail et faire apparaître la structure interne des lames, les forgerons utilisaient un mélange de bière et d'urine (!). Cette solution acide attaquait différemment les zones plus ou moins carburées des lames : le fibrage de l'acier apparaissait alors.

 

 

Double torsade de damas

 

L'acier de bas fourneau a toujours été long et difficile à obtenir. Aussi afin d'économiser une matière première précieuse et de s'éviter une peine trop grande, les forgerons ont pris l'habitude de mettre de côté tous les bouts de ferrailles dont ils n'avaient pas l'usage. Ils les soudaient ensuite au feu et reforgeaient ainsi de nouvelles lames ou de nouveaux outils. Cet usage a perduré jusqu'au milieu du XXème siècle...

 

Soudure d'un lopin d'acier feuilleté au marteau pilon

 

Aujourd'hui, si le damas est obtenu en associant des aciers de teneur en carbone différentes, pour l'essentiel, le travail reste le même. Les forgerons utilisent principalement deux méthodes d'assemblage :

. le feuilleté : le lopin d'acier et de fer chauffé à blanc est martelé vivement. La barre est ensuite étirée puis repliée. A nouveau étirée, puis repliée... Le processus est poursuivi jusqu'à ce que le nombre de pliages soit jugé satisfaisant.

. la torsade : après avoir subi un nombre restreint de pliures, le lopin est porté au carré puis torsadé et enfin étiré.

 

Trousses préparées pour la forge : alternance d'acier au carbone et d'acier au chrome nickel

 

Depuis quelques années, d'autres techniques d'assemblage (mosaïque, "puzzle", "explosion"...) ou de révélation (bain chimique et électrolyse) font évoluer le damas vers toujours plus de finesse et de beauté...

 

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