Les aciers...
Fidèle aux usages des anciens forgerons, j'utilise de nombreux aciers de récupération pour forger mes lames.
Ressorts ou lames d'amortisseurs, couteaux de débroussaillage, vieilles limes ou râpes de Maréchal-ferrand, lames de scie, tire-fonds de chemin de fer... Tous ces aciers contiennent entre 0,6 et 1,3% de carbone et sont capables de faire de bonnes lames de couteaux. Parfois, ils sont alliés avec un peu de chrome et de nickel, ce qui les rend plus résistants à la corrosion.
Façonnées à la forge et au marteau, les lames sont ensuite dégrossies à la bande abrasive puis subissent une trempe à l'huile d'olive. Elles sont ensuite affinées et polies. Les plus grosses pièces reçoivent un recuit de revenu à 250 degrés, afin d'adoucir les effets de la trempe et conférer à l'acier une plus grande résilience.
Le coeur d'un bas fourneau. Température voisine des 1300°...
Aux premiers temps de l'âge du Fer, il était nécessaire de construire des bas fourneaux afin d'obtenir de la matière première : le minerai de fer était concassé, lavé de ses impuretés, puis "réduit" dans un four pour former au contact du charbon en fusion de l'acier. C'est ce qu'on appelle une opération de "réduction".
En Corse, il existait de nombreuses "ferriere" installées dans le Cap Corse ou en Castagniccia qui produisaient de l'acier à partir de minerai local. Certains récits datant du 16ème siècle font état de structures (déjà...) en ruine.
Plus tard, au 18ème siècle, les premiers hauts fourneaux de Toga (actuel quartier au nord de Bastia) ont produit de l'acier à partir du minerai de fer provenant de île d'Elbe. Le prix de la matière première, allié aux difficultés d'acheminement par les muletiers dans les villages les plus reculés de l'île, conduisaient cependant les forgerons à récupérer tous les bouts de métaux usés ou cassés qu'ils possédaient afin de leur donner une nouvelle vie...
J'ai volontairement inscrit ma démarche dans cette tradition, en souvenir des derniers "stazzuneri" qui étaient capables de forger un soc de charrue avec trois bout de ferraille, et de tous ces "vieux" que j'ai connu, qui ne se prétendaient même pas couteliers, mais qui, à l'aide d'une meule, d'un poinçon et d'un marteau, étaient capables de fabriquer un bon couteau à partir d'un morceau de fer et d'une corne...
|
Un site complémentaire : www.couteau-corse.com Les anciens forgerons, les usages et les savoirs populaires de la Corse du temps jadis... |
<--DEBUT WEBOSCOPE FREE - Weborama --> --FIN WEBOSCOPE FREE - Weborama --